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Les mondes d'Anto

Le site est en complet chantier, et comme je dois rafraichir mes compétences en CMS de 10 ans, ça va prendre un peu de temps. Je vous remercie pour votre patience... et vous recommande mes comptes facebook et instagram en attendant.

La liste des chroniques que j’ai envie de partager avec vous s’allonge irrémédiablement, et je n’ai même pas encore commencé à parler de Fred Vargas alors que, punaise, c’est précisément pour pouvoir parler de son dernier livre sans faire fuir tout le monde que je me suis attelée à cette tâche. Ma plus grande frustration est de n’avoir pas le temps de chroniquer le démarrage de l’IEF chez nous, alors que c’est tellement bouleversant et pas en noir et blanc que je suis sûre que ça pourrait passionner plus d’une personne ici lectrice.

Mais bon, comme Jacques Chirac est mort, je profite pour vous parler de la méthode pas loin de l’auto-hypnose d’un autre Jacques, Martel de son petit nom. C’est un truc que j’ai découvert en fouinant sur l’un des cent-cinquante-dix-huit groupes dans lesquels je papillonne sur facebook. Un groupe qui réunit des personnes hypersensibles. Il faut savoir que les hypersensibles, en large majorité, sont sujets à la mise en place de dépendances affectives particulièrement intenses, critiques et douloureuses. En réalité je suis persuadée que ce n’est pas lié à l’hypersensibilité en soi, mais à la fragilité de la structuration narcissique liée aux violences éducatives ordinaires qui étaient massivement la norme dans l’enfance de ma génération. L’hypersensibilité, dans l’histoire, ça ne vient faire qu’amplificateur de réactions, et c’est un amplicateur puissant. Ou plutôt anti-anesthésiant, ce qui revient au même, avec d’autres lunettes.

Bref, tout ça pour dire qu’en matière amoureuse, un paquet d’hypersensibles cherche encore et toujours comment atténuer le mécanisme. Et c’est donc en glanant dans ces discussions que j’ai découvert Jacques Martel. Le monsieur est canadien, et s’il vivait en France, je vous garantis sans prendre aucun risque qu’il serait dans le collimateur de la Mivilude en moins de temps qu’il n’en faut pour appuyer sur un interrupteur (le gars, avant de toucher à la psycho sous toutes ses formes sauf la psycho, était électricien).

Néanmoins. L’exercice que les personnes citent si souvent est le suivant : quand vous êtes pris dans la nasse d’une relation avec dépendance affective, pour la rompre, vous pouvez (tenter) d’utiliser la technique suivante : sur papier (brouillon, recyclé) vous dessinez (au crayon issu de forêt gérée durablement) deux bonhommes (ou plus) : vous et la personne à laquelle la relation vous fait souffrir, et vous reliez les deux bonhommes par 7 traits au niveau des 7 chakras du yoga, ou du reiki (le mec fait du reiki) – ne me demandez pas si ce sont les mêmes, je n’en sais rien. Ensuite vous prenez un joli ciseau (ancien, sans plastique) et vous coupez au milieu.

Alors à ce stade, il y a plein de gens qui le prennent en pensée magique. Je coupe, une puissance s’exerce, je casse, et le monde change. Je suis Dieu. Nan. Définitivement nan. Si vous le prenez comme ça, croyez-moi, c’est que sur le chemin de la réparation du défaut de structuration narcissique, vous avez encore de nombreux kilomètres devant vous. Si vous ne comprenez pas pourquoi je dis ça et que ça vous met en colère, aussi, mais vous êtes en bonne voie. Si ça vous donne envie de pleurer, vivez le moment, c’est que vous avez trouvé une clé.

Ce qui m’intéresse dans cette histoire, c’est que c’est un support quasi hypnotique (au sens de l’hypnose médicale) de substitution d’un mécanisme de volonté conscientisée en lieu et place d’un schéma de dépendance vécu comme subi. Voyez comme je prends des pincettes. Autrement dit ce qui marche, c’est que si vous prenez le ciseau, en réalité, vous prenez une décision active, sans forcément vous en rendre compte vous changez de posture, et de là, vous modifiez le programme de VOS schémas d’action profond. Un iota. Mais on peut tout changer à partir d’un iota. Pensez donc à Beatrix Kiddo, dans Kill Bill : elle commence par bouger un orteil. Ben actionner le ciseau, c’est remuer un orteil. A partir de là, c’est tout votre schéma de pensée qui peut être modifié… et donc concrètement, vous allez découvrir, consciemment ou non, que dans la dépendance on est actif, ce qui signifie qu’en modifiant votre schéma d’agir, vous allez, VOUS, moins vous mettre en dépendance. A terme. Avec de l’espoir. Et du chocolat. Parce que ça ne se fait pas en un jour, et qu’il y a des rechutes. Accrochez-vous.

En tous cas ce qui est certain c’est qu’à aucun moment vous n’aurez eu de pouvoir sur l’autre. C’est sur vous-même que vous agissez.

Oui, mais, ma douce, me direz-vous, le rapport avec Jacques Chirac ?

Je vous l’accorde.

Le rapport c’est que Jacques Chirac, dont vous pouvez lire les élogieuses nécrologies (que je ne lis pas pour ma part, mais je les devine car je sais à quel point « on parle bien des morts ») n’a pas été condamné pour le quart des responsabilités qu’il portait, et en tant que leader politique est entièrement co-responsable du merdier climatique dont nous héritons aujourd’hui, merci Jacques.

Du coup, je me dis que, si vous vouliez tenter l’expérience avec moi, on pourrait peut-être un jour arrêter de s’auto-persuader qu’on n’a pas d’autre choix que ces dirigeants-là, en allant au moins pire. Arrêter de croire qu’il est nécessaire pour être civilisé.e de les considérer comme des « grands hommes » qu’il est séant de pleurer avec dignité. Regarder avec un étonnement curieux, doux et scientifique les gens qui les pleurent, au lieu d’être accusé de blasphème parce qu’on rappelle les faits dont ils sont coupables. L’autre jour, sur un autre des trois-cent-trente-douze groupes que je suis, quelqu’un résumait : « donc le salut de l’espèce repose sur la capacité d’empathie d’une grosse centaine de pervers narcissiques puissants ? » – et, ouais, il faut l’avouer, c’est un peu l’idée. Peut-être que la première étape ce serait donc de s’autoriser, dans notre esprit, à ne plus penser que ces dirigeants-là nous sont essentiels. Voire se mettre en condition d’en attirer des plus altruistes.

Peut-être qu’on pourrait tous se dessiner sur une feuille, et en face un bonhomme représentant la figure du dirigeant qui fait passer sa réélection et les intérêts de la croissance avant l’avenir de l’humanité et de la planète, et le budget de sa communication médiatique avant celui de l’éducation – au hasard. Ou bien en l’incarnant – choisissez qui vous voulez, ça ne manque pas.
Et puis on tracerait les liens.

Et on couperait.

Chiche.

Peut-être que le lendemain, on se sentirait un chouilla mieux et un iota plus capable d’agir.

Avec de l’espoir. Du temps. Et du chocolat.

Les ciseaux sont dans le tiroir en bas à gauche.

(ouéééé… le chocolat. Je sais.)

#jacqueschirac
#climatechange
#FridaysForFuture

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